Tous les outils pour bien commencer le violoncelle

Notes & Positions 1 à 4 au violoncelle

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Une des premières étapes au violoncelle est de s’y retrouver sur la touche (le devant du manche).
Pas toujours évident, surtout au début !
Voici une fiche imprimable pour vous aider à vous repérer facilement.
J’espère que cela vous aidera !

 

Comment l’utiliser ?

 

Les notes sur le manche

Dans le schéma ci-dessous :

  • chacune des 4 lignes verticales correspond à une corde
  • chaque cercle correspond à une note
  • entre 2 cercles l’intervalle est d’un demi-ton

 

Les cordes à vide

Si vous débutez, commencez à apprendre les notes des cordes à vides : c’est-à dire le son de la corde quand on n’appuie pas dessus avec les doigts de la main gauche.
Elles sont numérotées de la plus aiguë à la plus grave.
La corde n°1, notée I = corde de LA, la corde la plus aiguë.
La corde n°2, notée II = corde de
La corde n°3, notée III = corde de SOL
La corde n°4, notée IV = corde de DO, la corde la plus grave.

Voir l’article sur les cordes à vide

 

Les positions

Les positions sont des repères qui facilitent l’apprentissage du violoncelle. Elles permettent de s’y retrouver plus facilement sur le manche, dans les notes et dans les doigts pour les jouer.
Pour les positions 1 à 4, on utilise les 4 doigts pour jouer les notes : index, majeur, annulaire et auriculaire.
Le pouce se positionne arrondis derrière le manche :

  • en face du majeur pour les positions 1, 2 et 3
  • en face de l’index pour la position 4, dans l’angle que forment le manche et le corps du violoncelle

On commence en général par apprendre la première position.

 

Apprendre-le-violoncelle - Notes & Positions

 

Téléchargez ici la fiche imprimable A4 “Notes & Positions au violoncelle”

J’ai utilisé les noms français des notes (Do, Ré, Mi…)
Si vous souhaitez que je réalise la même fiche avec les notations anglo-saxonnes (C, D, E…), indiquez le moi dans les commentaires. Ça peut être pratique en particuliers pour ceux qui viennent de la guitare et qui sont habitués à la notation des accords.

 

 

En réponse à la question d’Eric dans les commentaires (merci à lui),

voici comment jouer en haut du manche

les demis-tons Do#/Réb, Sol#/Lab, Ré#/Mib, La#/Sib

2 solutions :
  • soit utiliser l’extension arrière du premier doigt (index) : on agrandit l’espace entre l’index (1) et le majeur (2) à un ton au lieu d’un demi-ton. Les doigts 2, 3 et 4 gardent leurs positions et leurs écartements.
  • soit utiliser la demi position (1/2 position) : on garde l’espacement d’un demi ton entre chaque doigt, mais toute la main et donc tous les doigts montent d’un demi-ton.

Dans les 2 cas, ces demis-tons que nous cherchons à jouer sont sous l’index (1).

Laquelle choisir ? :
  • Si pendant un passage/une phrase complète on va avoir besoin plusieurs fois de ces demis-tons, tout en ayant les autres notes à jouer sous les doigts en étant en 1/2 position, on va privilégier celle-ci.
  • Si on joue un de ces demis-tons juste une fois pour une note de passage, on va plutôt privilégier l’extension pour ne pas se déplacer.
    On va également l’utiliser si on a besoin de jouer les demis-tons et les notes qui sont jouées par l’auriculaire (4) en position 1 (Fa, Do, Sol, Ré), car on ne peut pas les jouer en 1/2 position.
    Maintenir une extension longtemps est assez fatigant pour les doigts, il ne faut donc pas hésiter à la relâcher quand elle ne “sert pas”.

Voici un petit schéma pour mieux visualiser.

1ère et demi Position au violoncelle

 

Bon Violoncelle à tous !

Aurore

Les cordes à vide au Violoncelle

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Si vous débutez le violoncelle, commencez par apprendre les notes des cordes à vide. C’est-à-dire le son de la corde quand on n’appuie pas dessus avec les doigts de la main gauche.

 

Les cordes sont numérotées de la plus aiguë à la plus grave :

Corde n°1 notée I = corde de LA : c’est la corde la plus aiguë.
Corde n°2 notée II = corde de RÉ
Corde n°3 notée III = corde de SOL
Corde n°4 notée IV = corde de DO : c’est la corde la plus grave.
La note la plus grave que l’on puisse jouer sur un violoncelle est donc un Do.

Il est intéressant de savoir qu’entre chaque corde, il y a une quinte juste (c’est-à-dire 3 Tons 1/2).
C’est aussi le cas sur le violon et l’alto. D’ailleurs, le violoncelle est accordé exactement une octave en dessous de l’alto. Ses cordes à vide sont donc également Do, Sol, Ré, La.
Par contre sur la contrebasse, les cordes sont espacées d’une quarte juste (2 Tons 1/2), comme sur la basse électrique.

 

Accorder son violoncelle :

Il existe plusieurs manières d’accorder son violoncelle. On commence par la corde de La (la plus aiguë).
Vous pouvez l’accorder avec un accordeur électronique ou avec un piano qui vous donne le La. Il existe des applications “accordeur” sur Smartphones.
Pour les cordes suivantes, soit vous les accordez de la même façon, soit vous les accordez à l’oreille, en vous basant sur la corde de La.

Cela permet de s’exercer l’oreille pour reconnaître la quinte juste.
Une technique consiste à utiliser des morceaux populaires dont les premières notes sont écartées d’une quinte descendante. C’est le cas de “Santiago” et de “Carmen – L’amour est un oiseau rebelle”. Se chanter les 2 premières notes en commençant sur le La de la corde aiguë permet d’avoir le Ré dans l’oreille et d’accorder la corde de Ré. On accorde ensuite le Sol à partir du Ré et ainsi de suite.

Pour vérifier dans l’autre sens, en partant de la corde de Do, vous pouvez utiliser “Ah! Vous dirai-je, Maman”, car il y a une quinte ascendante entre la 2e et la 3e note.
Au début, n’hésitez pas à vérifier avec votre accordeur que les 4 cordes sont justes.

Les accordeurs sont souvent en notes anglo-saxonnes. Voici les correspondances :
A = La        D = Ré       G = Sol       C = Do

Mécaniquement, on accorde avec les petites roues (tendeurs) placées sur le cordier (en bas des cordes) quand il s’agit de petits ajustements. Quand la note est vraiment très fausse ou si le tendeur est serré à fond, il faut d’abord le desserrer, accorder au plus proche de la note avec la cheville, puis affiner avec le tendeur.
Si la note est trop aiguë (# sur l’accordeur), il faut détendre la corde.
Si la note est trop grave (b sur l’accordeur), il faut tendre la corde.

On peut aussi accorder son violoncelle avec les harmoniques, mais ça, c’est une fois que l’on a appris à les jouer !

 

Travailler les cordes à vides :

Travailler l’archet sur les cordes à vide est un des premiers exercices au violoncelle. Il vous permettra de vous habituer aux sons des 4 cordes et de travailler la tenue et la position de l’archet. Habituez-vous également à repérer sur la clé de fa la position des notes des cordes à vide.
D’ailleurs, les 4 notes des 4 cordes à vide sont toutes sur des lignes (et aucune dans un interligne), avec à chaque fois, une ligne vide entre deux.

 

Petit récapitulatif pour les cordes à vide au violoncelle :

 

Apprendre-le-violoncelle-Cordes-à-vide

 

Bon Violoncelle à tous !

Aurore

15 clés pour améliorer votre son au violoncelle

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Les notes, les positions, la tenue de l’archet, la clé de fa… c’est beaucoup d’informations à mémoriser et à maîtriser.
Mais (malheureusement), ce ne sont pas les seuls aspects du violoncelle sur lesquels il faut se concentrer. En effet, améliorer sa qualité de son est tout aussi important. Vous le savez tout particulièrement s’il vous arrive d’émettre des sons criards et grinçants…

C’est tout à fait normal lorsque l’on débute, mais ça n’empêche pas de se demander “pourquoi mon son est …… ?” (remplissez par ce qui vous désespère dans votre son) et surtout “comment puis-je y remédier ?”

Voici donc 15 points sur lesquels vous pouvez vous pencher pour améliorer votre son au violoncelle

 

Se détendre

1. Baisser et détendre ses épaules

Souvent, on commence à jouer détendu et au bout de quelques minutes (voire secondes…) on est totalement crispé du haut du corps, les épaules levées, le cou rentré, le dos voûté… bref pas les meilleures conditions pour émettre un son libre et plein !
Observez-vous lorsque vous jouez et dès que vous sentez ces tensions, arrêtez-vous, respirez, détendez-vous.
Ensuite, replacez-vous, baissez et détendrez vos épaules avant de jouer à nouveau.
Cela peut amener à faire beaucoup d’interruptions au début. Mais, au fur et à mesure, vous vous habituerez à jouer avec les épaules détendues et ce réflexe prendra le pas sur celui de se crisper.

2. Mettre le poids du corps sur l’archet

Attention, je n’ai pas dit appuyer comme un fou sur l’archet ! Mais bien mettre le poids naturel de l’épaule et du corps sur l’archet.
Le bras droit doit être détendu, ainsi que la main, le coude et l’épaule : ce poids naturel est alors la bonne pression pour avoir un son plein.
Si on force, le son devient crissant et si on ne mets pas assez de poids, on entend la mèche qui frotte et le son n’est pas net.

3. Respirer

Cela peut sembler évident, mais observez-vous : n’avez-vous pas tendance à retenir votre respiration lors des passages difficiles ?
Entre la lecture de la partition, les doigtés, la position, la vitesse de l’archet… on en oublie parfois de respirer !
Avant de jouer, pratiquez des respirations profondes pour bien vous détendre.
Pour penser à respirer, je note sur mes partitions les fins de phrases où il faut faire une mini pause : je m’habitue à bien inspirer à ces endroits.

4. S’échauffer avant de jouer, en particulier les épaules

Vous l’avez compris, une grande partie de la qualité du son, c’est être détendu et souple, en particulier du haut du corps.
J’ai observé que lorsque je joue du violoncelle après une séance de piscine, en particulier où j’ai nagé le dos-crawlé, mon son est bien meilleur !
Je vous conseille donc de vous échauffer avant de vous asseoir pour jouer. Échauffez en particulier votre cou, vos épaules, vos coudes, vos poignets et vos doigts. Si vous ajoutez les hanches, le bas du dos, les genoux et les chevilles, c’est encore mieux, car tout le corps est sollicité pour jouer du violoncelle.

5. Ne pas jouer trop longtemps à la fois

Ce conseil s’applique encore plus si vous débutez, car comme on l’a vu plus haut, on a tendance à se crisper lorsque l’on joue. Du coup, notre qualité de jeu et de son se dégrade, ce qui est frustrant et peu productif.
Quand on commence à être tendu, il vaut mieux faire une pause, se lever, s’étirer et reprendre ensuite.
Ce n’est pas toujours évident selon les emplois du temps de chacun (et le fait que les voisins apprécient moyennement les gammes après 21 h…), mais privilégiez toujours de jouer le plus souvent possible, même peu de temps, plutôt que longtemps une seule fois par semaine. C’est mieux pour le corps, surtout au début, car celui-ci a besoin de s’habituer à cette nouvelle position, mais également pour l’apprentissage.

Jouer 20 à 30 min par jour (ou tous les 2 jours) est beaucoup plus efficace pour progresser sur votre instrument que de jouer 2 ou 3 h une fois par semaine:

  • la position et les gestes sont mémorisés par la répétition fréquente
  • vous n’avez pas eu le temps d’oublier ce que vous avez compris la veille
  • si vous commencez l’apprentissage de la clé de Fa en même temps que l’instrument, ça vous permet d’en lire un peu tous les jours.


L’archet et la main droite

6. Détendre la main droite et poser tous les doigts

Tenir l’archet, c’est juste le maintenir avec le bout des doigts sans qu’il ne s’échappe, mais ce n’est pas le serrer de toutes ses forces.
Veillez également à bien plier les deux phalanges du pouce. Un pouce raide, c’est moins de ressort, plus de pression et donc un son de moins bonne qualité.
On peut aussi avoir tendance à relever des doigts de l’archet : il faut veiller à bien les avoir tous posés, pour bien guider l’archet.

7. La colophane

Trop ou pas assez de colophane, cela a un impact sur le son que nous produisons. Seule l’expérience permet de bien doser, donc faites des essais et patience !
Il faut également penser à nettoyer régulièrement ses cordes de l’excès de colophane qui y reste collé. Passez sur les cordes un chiffon (qui ne sert qu’à ça, car pas question de nettoyer la caisse de son instrument avec un chiffon plein de colophane !!!) à chaque fois après avoir joué, pour ne pas finir avec un gros paquet tout collé. Vous pouvez également nettoyer de temps en temps les cordes avec un peu d’alcool à 90° sur un chiffon. Faites très attention à ne pas faire tomber de goutte ni à toucher la table du violoncelle avec l’alcool, car cela endommagerait le vernis.

8. La vitesse de l’archet

La vitesse de l’archet a un impact important sur la qualité du son, mais elle est étroitement liée au poids appliqué en même temps.
Si on appuie fort avec un archet lent, on va entendre ce son grinçant très désagréable.
Si on ne met pas assez de poids avec un archet rapide, le crin ne va pas agripper suffisamment la corde et le son va être trop léger ou saccadé. Là encore, utiliser le poids du corps et ne pas vouloir appuyer et se crisper.

9. La position et inclinaison de l’archet

Quand on débute le mieux est de commencer en plaçant l’archet bien au centre entre la fin de la touche et le chevalet, et bien perpendiculaire aux cordes (c’est-à-dire bien horizontal), la mèche le plus à plat possible.
Si vous avez la possibilité de jouer devant un miroir, faite l’expérience. On a parfois l’impression de tenir son archet à l’horizontale alors que ce n’est pas le cas, en particulier quand on arrive à la pointe. Surtout que l’angle, et donc la position, change pour chaque corde.
Quand vous arrivez à maintenir cette position en jouant, que votre archet ne fait plus de vagues et que vous ne vous retrouvez pas avec la mèche sur la touche au bout de 2 min, vous pouvez expérimenter les différentes qualités de sons selon que vous jouez :

  • plus ou moins proche du chevalet (il arrive dans certains morceaux que l’on doive jouer sur le chevalet “sul ponticello” ou sur la touche “sul tasto” pour des effets sonores spécifiques)
  • avec la mèche plus ou moins à plat.


La main gauche

10. La pression sur les cordes

Même s’il ne s’agit pas d’appuyer de toutes ses forces avec les doigts de la main gauche, il faut tout de même que la pression soit suffisante. Sinon, le son ne sera pas clair. Plutôt que de penser “j’appuie” penser plutôt “j’utilise la gravité” et le doigt va naturellement “s’enfoncer” dans la corde et appliquer la pression suffisante, sans créer de tension dans la main ni dans les doigts.

11. La synchronisation main gauche et archet

Si vos deux mains ne sont pas tout à fait synchronisées au changement de note, vous produirez des sons qui ne sont pas nets. Vous pouvez travailler cette synchronisation en alternant sur 2 notes uniquement (comme La et Si sur la corde de Sol).


Exercices pour améliorer le son

12. Travailler les cordes à vide

C’est LE premier exercice à travailler au violoncelle. Il vous permettra d’être bien attentif à la position et à l’inclinaison de la mèche comme vu précédemment.
Travaillez d’abord des séries de tirés et poussés (allers-retours) corde par corde, en utilisant bien tout l’archet. C’est souvent aux changements de sens d’archet que l’on se crispe. Donc faites cet exercice en étant détendu et en pensant à baisser les épaules. Vu que la main gauche ne sert pas, vous pouvez la poser sur la caisse du violoncelle, à côté du manche, ce qui vous aidera à détendre les épaules.
Essayez ensuite les changements de cordes : dans un premier temps les cordes qui se suivent (Do>Sol, Sol>Ré, Ré>La) en montant et en descendant. Enfin les cordes qui ne se suivent pas (Do>Ré, Sol>La, Do>La).
Ces exercices peuvent sembler fastidieux et peu intéressants, mais ils vous donneront les bases pour une bonne position et un bon son.

13. Travailler les gammes

Jouer des enchaînements de notes simples et répétitifs, comme les gammes, permet de se concentrer sur la qualité du son. Les doigts de la main gauche vont vite mémoriser les notes, et après quelque temps, on n’a plus besoin d’y penser.
Les gammes majeures de Do et Sol sur 1 puis 2 octaves, sont les plus simples pour commencer, car elles n’ont pas d’extensions et elles ont toutes les 2 le même doigté. C’est l’exercice de base pour régler la bonne distance entre les doigts et donc travailler sa justesse.

14. Mémoriser la partition

Quand on a mémorisé les notes et qu’on n’a plus besoin de les lire, cela permet de se concentrer davantage sur l’archet et sur la qualité du son.
Ce n’est cependant pas évident au début, alors essayez déjà sur une seule phrase d’un morceau que vous travaillez (la phrase du thème par exemple).
Une méthode pour mémoriser une partition est d’apprendre la main gauche comme une chorégraphie de danse : tel doigt, puis tel autre sur telle corde, puis un déplacement… Utiliser la capacité de mémorisation spatiale du cerveau ainsi que la mémoire musculaire, c’est un bonus par rapport au fait de retenir uniquement les notes et la mélodie.

15. Jouer en improvisant

Peu importe si ce n’est pas “joli” ou “élaboré”, mais jouer sans se préoccuper d’une partition permet de se concentrer davantage sur les sons que l’on produit avec son violoncelle et de les améliorer.
Si cela vous intimide, commencez en ne jouant que les notes de la gamme de do, comme ça vous êtes sûr de ne pas faire de fausse note 🙂
Vous pouvez aussi improviser en restant uniquement en première position, pour enlever la difficulté des déplacements.
Testez différents rythmes et vitesses d’archet.

 

Ça fait beaucoup de choses à penser, rien que pour la qualité du son, alors voici une petite astuce :
Je choisis 1 à 3 points maximum que je souhaite travailler pendant une séance, comme “baisser les épaules” ou “penser à respirer” : je les écris sur un post-it que je fais dépasser au-dessus de ma partition, comme ça je le vois tout le temps et je suis fortement incitée à les mettre en application !
Je vous invite à changer de post-it régulièrement, car sinon il finit par faire parti du décor et on ne pense plus à appliqué les excellents conseils qui y sont inscrits…

 

Mon point de vue est qu’il n’y a pas de son moche ou interdit au violoncelle, sachant que le son recherché par un violoncelliste classique est différent de celui recherché par un musicien jazz ou par un violoncelliste de heavy metal (oui, ça existe ! exemple ici). L’objectif est surtout de cerner quand et comment on obtient tel ou tel type de son, afin de pouvoir se servir de toute la palette qu’offre l’instrument si on le souhaite.

Dans tous les cas, c’est la pratique de l’instrument régulière et intentionnelle (c’est-à-dire en analysant les points à corriger et en les travaillant) que votre qualité de son va s’améliorer. Donc patience !

Le son au violoncelle se travaille toute la vie, car il y a toujours des améliorations possibles et de nouveaux sons à découvrir !

Et vous, quels sont vos secrets pour améliorer votre son au violoncelle ?
Quels exercices pratiquez-vous ?
Faites-en nous part dans les commentaires.

 

Bon Violoncelle à tous !

Aurore

5 questions pour débuter le violoncelle

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Ça y est, c’est décidé, car le violoncelle ça me fait envie depuis 1 an, 5 ans, mon enfance.
Au placard tous les a priori que j’ai et que l’on m’a rabâchés, du type : “c’est dur comme instrument”, “si tu n’as pas commencé à 5 ans, tu n’y arriveras jamais”, “c’est faux et moche quand on débute, et on débute longtemps”, “tu n’as pas l’oreille absolue, alors oublie !”.
Et je mets en avant mes motivations : “Mon rêve c’est de jouer “le Cygne” de Saint-Saëns”, “Ces beaux sons graves, ça me fait vibrer”, “Je veux enfin faire un truc juste pour moi” et après tout, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, alors je me lance !!!

 

Oui, mais par où je commence ?

Étant passée par cette phase il y a 5 ans, voici les questions que je me suis posées, les choix que j’ai faits et ceux que je vous conseille (pour en connaître davantage sur mes débuts au violoncelle, consultez ma page à propos).

1. Louer ou acheter son violoncelle ?

Louer

Quand j’ai commencé, je ne savais pas si le violoncelle allait me plaire et surtout, si j’allais réussir à en sortir des sons pas trop grinçants. J’ai donc commencé par en louer un pour 1 mois, puis j’ai prolongé à 3 mois, puis 1 an. La location est assez souple, et je trouve que c’est une bonne solution pour se lancer sans s’engager directement dans un achat.
L’avantage est que tout est fourni : le violoncelle, les cordes, l’archet, la colophane, la housse de transport. Et si vous avez un problème avec l’instrument au cours de la location, vous pouvez vous adresser au loueur/luthier.
Comptez entre 25 et 50 € par mois, le tarif étant en général dégressif quand on loue pour plusieurs mois ou 1 an.

Acheter

Acheter son violoncelle lorsque l’on débute me semble complexe, à moins d’être bien conseillé (par un professeur, un ami violoncelliste, un luthier que l’on connaît) ou de déjà pratiquer un instrument du quatuor, comme le violon, pour avoir une idée des questions à se poser pour choisir. Car choisir son violoncelle, c’est un peu comme choisir un partenaire : vous appréciez son physique (mais ce n’est pas le plus important !), les intonations de sa voix, la douceur de sa touche… ; et vous espérez que votre relation durera un bon moment, si ce n’est toute la vie Smile
Et pour bien choisir son âme-sœur, il faut déjà bien se connaître soi-même. C’est donc plus facile de savoir ce que l’on recherche dans un violoncelle quand on en a déjà joué et que l’on en a déjà essayé et entendu plusieurs.

Après avoir loué mon premier violoncelle pendant quelques mois, j’étais en quête d’un violoncelle à acheter. J’avais très envie d’une cinquième corde grave (Fa) pour pouvoir jouer des Walking Bass comme à la contrebasse. J’ai trouvé deux luthiers qui en avaient déjà fabriqués, et l’un d’eux a réalisé le mien à partir d’un instrument chinois non monté qu’il a modifié.

 

Les accessoires

Dans les 2 cas, pensez que vous aurez besoin en plus du violoncelle : d’un archet, de colophane pour l’archet, d’une “planche” (plaque en bois ou patin placé au sol et fixé à la chaise, pour y planter la pique du violoncelle et éviter que celui-ci ne glisse), d’une housse de rangement/transport, d’un pupitre pour poser les partitions, d’un accordeur (il en existe sous forme d’application sur téléphone portable, si vous ne souhaitez pas investir pour le moment).
Un support pour poser le violoncelle quand il est sorti est aussi bien pratique et peut éviter les accidents…


2. Quelle taille ?

Le violoncelle existe en plusieurs tailles : 1/8e, 1/4, 1/2, 3/4, 7/8e, 4/4 ou entier (du plus petit au plus grand). On choisira en fonction de sa propre taille justement. Plus l’instrument est petit et moins il y aura besoin d’écarter les doigts entre 2 notes.

  • Violoncelle 4/4 (entier) : instrument aux dimensions “normales”. Pour les adultes et les enfants suffisamment grands.
  • Violoncelle 7/8e (sept-huitième) : moins commun, il peut être utilisé pour les adultes de petite taille ou avec de petites mains (plus souvent des femmes). Les dimensions un peu réduites par rapport à l’entier permettent d’être plus à l’aise, surtout pour la position des doigts de la main gauche sur la touche. Cependant, on perd un peu en projection de son et donc en volume par rapport à l’entier.
  • Violoncelles 3/4 (trois-quarts), 1/2 (demi), 1/4 (quart), 1/8e (huitième) et même 1/16e (seizième) ! : instruments “miniatures” pour les enfants en fonction de leur taille. L’enfant changera donc d’instrument au fur et à mesure de sa croissance et de son apprentissage du violoncelle.
    Il arrive que certains adultes très petits ou avec de très petites mains et peu d’écart possible entre les doigts choisissent un 3/4. Mais c’est souvent au détriment de la puissance et de la richesse de timbre, encore plus que sur le 7/8e.

Néanmoins, les dimensions ne sont pas toujours identiques d’un violoncelle à l’autre, même dans les entiers. Le mien par exemple, un modèle Montagnana, est très large (pour avoir une belle amplification des basses), d’autres sont plus étroits comme le De Munck.

 


3. Comment choisir son violoncelle ?

Que vous achetiez ou que vous louiez, il faudra choisir votre instrument.
Quand j’ai loué mon premier violoncelle, j’ai pu en essayer plusieurs pour choisir celui qui me convenait le mieux. C’est assez intimidant d’être laissée seule dans une salle avec pleins de violoncelles à sa disposition, de devoir essayer et choisir, alors qu’on ne sait pas du tout en jouer !
C’est pourquoi je vous conseille, si vous en avez la possibilité, de vous faire accompagner pour choisir votre violoncelle : professeur, ami musicien ou non (car un avis extérieur est toujours le bienvenu). Et n’hésitez pas à demander les conseils du loueur/luthier sur place.

Il existe 2 types de violoncelles :

  • le violoncelle baroque : c‘est la forme ancienne du violoncelle. Les cordes sont en boyau, il n’a pas de pique (tige en métal en bas) : le violoncelle se pose sur les mollets. Il se joue avec un archet baroque de forme spécifique, incurvé dans l’autre sens. Certains violoncellistes choisissent cet instrument et se spécialisent dans le répertoire baroque (XVIIes – XVIIIes ; Bach, Vivaldi, Lully, Couperin…).
  • le violoncelle moderne : le plus couramment joué, enseigné, loué et vendu. Conseillé si vous débutez.
    Si vous parlez anglais, Emily Davidson, violoncelliste baroque, explique les différences entre les 2 instruments dans cette vidéo.

À mon sens il y a 5 grandes catégories d’instruments :

  • les instruments d’époque ou instruments anciens : il s’agit d’instruments fabriqués par des luthiers et qui ont un ou plusieurs siècles. Ce sont en général les plus chers ; certains sont de véritables pièces de collection.
  • les instruments modernes dits chinois : ce sont des instruments fabriqués en série, référencés par modèle. Beaucoup sont des instruments d’étude et ils sont souvent vendus avec un archet et une housse. On en trouve à un rapport qualité/prix intéressant. Quelques exemples de marques : Stentor, Cevelli, Gewa, Stagg.
    Un conseil : vérifiez que le filet qui fait le tour de la table du violoncelle est “vrai”, c’est à dire qu’il s’agit d’un filet de bois incrusté et non d’un trait de peinture (le filet permet entre autres d’empêcher une éventuelle fêlure dans le bois de s’étendre).
  • les instruments de luthiers modernes : instruments fabriqués par des luthiers contemporains. Certains sont inspirés de modèles d’époque (forme Stradivari par exemple) et d’autres sont le résultat de recherches de nouvelles formes, de nouvelles finitions… et sont de véritables créations.
  • les violoncelles qui ne sont pas en bois, par exemple entièrement en fibre de carbone.
  • les instruments électriques : comme les guitares électriques, ils ont besoin d’être branchés à un ampli pour en entendre le son.

Les prix peuvent donc varier énormément : de quelques centaines d’euros à plusieurs centaines de milliers !
Pour un instrument d’étude à intermédiaire, comptez entre 600 et 5000 €.
À prix égal, on peut avoir des instruments de bonne et moins bonne qualité (entendez facture de l’instrument, qualité du son…). L’idéal est toujours de l’essayer, car des instruments très similaires en apparence peuvent avoir un son très différent.


4. Un professeur ? Cours particuliers ou collectifs ?

Au début (pendant 1 an 1/2), j’ai essayé d’apprendre le violoncelle seule. Même si cette période m’a appris énormément et m’a permis de faire beaucoup de recherches, et donc de trouver des ressources intéressantes, je ne vous le conseille pas. Il est difficile de tout observer (et de tout savoir !) et de se corriger soi-même ; on est donc plus enclin à prendre de mauvaises habitudes qui demanderont un effort pour être transformées ensuite.

J’ai vraiment décollé dans mon apprentissage quand j’ai pris des cours : j’ai suivi un stage de violoncelle pendant une semaine avec des cours particuliers et des cours d’ensemble à thème (musique du monde et jazz). C’était intensif et très fatigant car la quantité de nouvelles informations à assimiler était phénoménale. Je jouais 5 à 6h par jour : bonjour les mots de tête et les ampoules sur les doigts, car je n’avais pas encore de corne ! Mais ce stage m’a permis de réellement progresser et de mieux savoir quoi travailler.
Depuis je prends des cours, tout en continuant mes recherches et mon travail personnel.

Je vous conseille donc fortement de prendre des cours avec un professeur. Il peut s’agir de cours particuliers ou collectifs. Avantages et inconvénients :

  • Les cours particuliers permettent au professeur d’être 100% attentif à vous, de répondre à toutes vos questions… C’est aussi plus fatigant, car vous n’aurez pas de répit ! Je vous conseille donc de ne pas dépasser 1h de cours pour débuter.
  • Les cours collectifs sont également intéressants car on n’a pas les mêmes points forts et points à améliorer que les autres, donc on profite des explications que le professeur donne à chacun. Par contre, il se peut que le professeur soit moins disponible pour vous s’il y a beaucoup d’élèves. Je pense que des cours avec 2 à 3 élèves d’un niveau équivalent sont optimums.

Je suis actuellement des cours collectifs où nous sommes deux, ce que je trouve parfait. Nous pouvons observer l’autre réaliser l’exercice, nous entraider, décrocher 1 min quand on n’en peut plus, se voir en dehors des cours pour travailler ensemble, et surtout jouer des duos ou des trios avec le professeur, ce que j’adore (quand on prend des cours particuliers, jouer des duos avec son professeur, c’est chouette aussi Smile ).


5. Quelle(s) méthode(s) ?

Je vous conseille pour débuter (et aussi après pour progresser !) de prendre des cours avec un professeur. Celui-ci vous dira quelle(s) méthode(s) vous procurer.

Voici tout de même celles que je trouve intéressantes pour débuter, parmi celles que j’ai testées :

  • Méthode du jeune violoncelliste, L.R. Feuillard, édition Delrieu
    Très complète et je pense incontournable, cette méthode balaye la technique des cordes à vides jusqu’à la position du pouce, en passant les positions 1 à 7 (+1/2). Exercices d’archet, études (avec 2e voix), gammes, tout y est.
    Par contre en tant que débutant, il est compliqué de s’en servir seul passées les premières pages. Avoir un professeur pour expliquer les doigtés, le but des exercices et ce à quoi il faut être attentif est à mon sens indispensable.
  • Méthode de violoncelle débutants, Odile Bourin, éditions Henry Lemoine
    Plutôt orientée enfants, mais il y a les explications de base comme les numéros des doigts et des cordes, la notation clé de fa, des gammes, des bases de solfège distillées dans tout l’ouvrage… Une série de photos au début aborde la bonne tenue du violoncelle et de l’archet.
    Les études sont surtout des comptines, avec presque toujours l’accompagnement. Il y a aussi quelques Schumann, Dotzauer et l’incontournable Ariette de Lully (“Petit air” p50).
  • Cello Time Joggers, Kathy and David Blackwell, Oxford edition
    Celle-ci est aussi destinée aux enfants et elle est en anglais (notation américaine des notes avec les lettres : A = la, B = si, C = do …). On y apprend les notes des cordes à vides (0 : do, sol, ré, la) et de la première position dans pour les doigts 1, 3 et 4 (1 : ré, la, mi, si ; 3 : mi, si, fa#, do#…)
    L’avantage est qu’elle est vendue avec un CD pour jouer les études (petits morceaux sympas) avec l’accompagnement. Les partitions pour piano sont aussi disponibles.
    Il existe le tome 2 “Cello Time Runners”, où sont vues les notes du doigt 2 et des rythmes plus complexes, le tome 3 et un recueil de chansons de Noël.

 

 

J’espère que ces quelques indications vont vous aider pour débuter votre propre histoire d’amour avec ce merveilleux instrument.

Si vous vous posez d’autres questions ou si vous pensez à d’autres points que je n’ai pas développés, n’hésitez pas à me le faire savoir dans les commentaires : je compléterai cet article avec plaisir.

Bon Violoncelle à tous !

Aurore